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25/02/2014
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26/03/2014M. Seybatou Aw, président de la promotion AMP 2013 et sa société AVENI-RE ont été l’objet d’un article paru dans le magazine « Marché africains », dans la rubrique Services. Nous vous livrons le contenu de cet article.
Au moment ou le marché ivoirien connait une arrivée en force de réassureurs, AVENI-RE, qui existe depuis 10 ans, renforce ses positions à l’international et se soumet au rating d’une agence de notation pour renforcer sa crédibilité.
« L’Assurance, ainsi que la réassurance, constituent un baromètre qui permet de mesurer l’état d’un pays », souligne l’administrateur directeur général d’AVENI-RE, Seybatou Aw. En effet, l’économie post-crise de la Côte d’Ivoire est sur une pente ascendante: la croissance du PIB annoncée de 9,8% en 2014 réjouit les assureurs qui voient dans cette embellie de bonnes retombées pour leur secteur d’activité. Déjà, en 2012, les dix-huit compagnies d’assurances ivoiriennes avaient dépassé en CA le seuil fatidique des 200 milliards de FCFA. Une évolution qui, aux yeux du patron d’AVENI-RE, s’annonce prometteuse pour la société : « Deux ans après la crise post électorale, nous sentons en effet qu’un mouvement s’opère au niveau du développement économique du pays. Le retour des bailleurs de fonds, comme la Banque africaine de développement qui réintègre son siège social, est révélateur. Le rythme des grands travaux sur l’ensemble du pays, à l’image de ceux du 3e pont d’Abidjan, sont des indicateurs de cette relance. Des filières telles que les mines ou l’énergie ne sont pas en reste. Toutes ces nouvelles activités constituent des « aliments » pour la communauté d’assurance. Et si le CA de notre secteur est en progression, cela signifie aussi que le pays se développe davantage. »
« La perspective du rating devient une nécessité »
AVENI-RE, ayant décidé d’ouvrir son périmètre d’intervention à l’international, se voit contrainte de se soumettre au rating d’une agence de notation financière. Seybatou Aw explique les raisons de cette nouvelle stratégie. « A l’origine de la création d’AVENI-RE, nous avions ciblé en priorité le marché des pays africains ayant en commun l’usage du Franc CFA, appelé zone CIMA. Comme AVENI-RE a pu s’imposer rapidement dans cette zone, où nous sommes aujourd’hui très connus en raison de notre longue expérience, la nécessité d’un rating ne se faisait pas sentir. Mais dès que nous sommes allés au-delà de la zone CIMA, à l’international où nous sommes présents actuellement, à savoir les pays du Maghreb, d’Afrique anglophone et du Moyen-Orient, et même en Chine à travers ses entreprises installées en Afrique, la perspective du rating devenait une nécessité. Elle s’impose, car il nous faut montrer à tous nos partenaires et clients que nous répondons aux normes internationales. Et pour s’y soumettre, il faut passer par une agence de notation. »
Cette dernière va devoir examiner la gouvernance d’AVENI-RE, son environnement, son équipe de direction, sa solvabilité, etc. Perspective qui n’effraie nullement le patron d’AVENI-RE. De son point de vue, si cette agence détecte des faiblesses, son équipe de direction les corrigera. « Aujourd’hui, de la même manière qu’on note les Etats, les grandes entreprises et les gouvernements, AVENI-RE obéit à la même logique. »
« En 2013, le bureau tunisien affiche un CA de + de 64,53% »
Après trois ans d’exploitation au sein de la zone CIMA, AVENI-RE se projette résolument sur l’international. Dans sa stratégie, elle a misé sur la proximité en s’attaquant au marché du Maghreb, notamment à Tunis où elle a ouvert un bureau et obtenu un agrément autorisant l’exercice de son activité de réassurance. En termes de rentabilité, son bureau tunisien affichait, en novembre 2013, un CA de + de 64,53% par rapport à 2012 sur les objectifs qui lui étaient assignés. « C’est de notre représentation tunisienne que dépendent tous les autres pays du Maghreb ainsi que ceux du Moyen Orient », souligne M. Aw. Après la Tunisie, s’est ajoutée la création d’un bureau de liaison à Accra pour faciliter la pénétration et le développement dans les pays anglophones. «Nous allons tendre vers d’autres marchés, c’est la période d’internationalisation d’AVENI-RE. D’autant plus qu’en ce moment, sur le marché ivoirien, on assiste à une arrivée en force de nouveaux réassureurs (KENYA-RE, CICA-RE, CONTINENTAL-RE, TUNISIE-RE, NCA-RE) sans oublier que les grands groupes de sociétés d’assurances (COLINA, NSIA, SUNU, etc.) ont pour la plupart crée des pôles de réassurance (COLINA-RE, NSIA PARTICIPATIONS, GLOBUS-RE, etc.). Pour répondre à cette forte concurrence du marché ivoirien, AVENI-RE part à la conquête d’autres marchés à l’international », confie M. Aw.
Par ailleurs, dans son plan stratégique 2014-2018, le réassureur AVENI-RE envisage en matière de gouvernance de faire évoluer ses organes de décision en créant notamment un comité de surveillance du portefeuille qui passera un revue périodiquement toutes les souscriptions et les dossiers de sinistres, ainsi qu’un comité de placement et de gestion actif/passif en vue de l’analyse et de la surveillance de l’ensemble des risques liés à l’activités de la société. S’agissant de ses stratégies financières à l’horizon 2018, le réassureur envisage notamment de faire passer son capital de 10 milliards de FCFA à 15 milliards de FCFA en 2018 et d’accroitre son CA à un rythme de 6,6% par an.
AMP : « nouvelles méthodes de formation des dirigeants »
En plus de ses investissements sociaux, Seybatou Aw a été choisi pour être le parrain de la promotion 2013 de l’Advanced Management Program (AMP, crée dans les années 50 aux Etats Unis) à travers son encadrement professionnel appelé MDE Business School. Cette formation comprenant 38 dirigeants de sociétés s’est déroulée à la fois à Abidjan et à Barcelone. « Avec l’AMP, nous avons découvert de nouvelles méthodes d’apprentissages et d’autres manières de gérer avec efficacité nos entreprises », explique M. Aw. Ce dernier ajoute par ailleurs en toute modestie : « Après de longues années d’expérience, le dirigeant finit par ne plus voir la nécessité de se remettre en cause et d’apprendre. Il sombre alors dans la routine et en arrive à ne plus se soucier des évolutions récentes des méthodes de travail ou des dernières avancées survenues dans son domaine d’activités et dans l’art du management ». Des défauts que l’AMP tente de corriger…
Anne-Sophie Lallemant