
DEMARRAGE AMP ET PMD 2014
13/02/2014
Dr. ELIANE EKRA, CHEF DE CABINET AU MINISTERE DE LA SANTE ET DE LA LUTTE CONTRE LE SIDA: LA DAME A MULTIPLES CASQUETTES
25/02/2014« Nous avons tous appris une discipline à l’école, mais en aucun cas, il ne faut se fixer des barrières. (…) Il faut promouvoir davantage l’entrepreneuriat.»
Comment vous est venue l’idée de créer Advantage ?
C’est en novembre 2004 qu’est né Advantage. L’idée nous est venue d’accompagner les Petites et moyennes entreprises (PME) dans la définition de leur stratégie marketing et de leur politique de vente. A cette époque, nous avons remarqué que de nombreuses PME n’avaient pas les moyens de recruter un directeur et une équipe marketing pour définir tous les problèmes marketing auxquels elles devaient faire face en tant qu’entreprises. Nous avons donc fondé Advantage pour répondre à ce besoin. Et petit à petit, notre champ d’action s’est élargi. Nous sommes passés du conseil purement marketing au conseil en communication. Par ailleurs, nous sommes également dans l’événementiel et dans l’édition.
Et ce festival ?
Le festival des grillades d’Abidjan est notre événement maison, un événement qui a su au fil des ans se hisser en tête des événements grand public. Il est même devenu l’un des événements les plus copiés en Afrique. C’est à Nestlé Côte d’Ivoire puis au sein du groupe SIFCA, que mon intérêt pour tout ce qui touche à l’alimentaire à pris forme. Nous avons lancé le festival des grillades d’Abidjan il y a 6 ans et avions accueilli environ 3 500 visiteurs. En 2013, la 6e édition a reçu environ 100.000 festivaliers en 2 jours. En bref, le festival des grillades au delà de la « bouffe party » géante, est une belle plateforme de promotion et de valorisation de nos cultures culinaires et artistiques. Depuis deux ans, le festival part à la rencontre des populations de l’intérieur du pays avec le Festival des grillades de Yamoussoukro. D’autres villes de la Côte d’Ivoire devraient recevoir l’évènement en 2014.
Au cours de la deuxième édition de ce festival, nous avions édité un magazine dédié juste à ce festival. Un support qui a été bien accueilli par le public cible. Nous avons alors décidé de poursuivre l’aventure avec le magazine culinaire Cordon Bleu, premier magazine ivoirien entièrement dédié à l’art culinaire dont je suis la Directrice de publication.
Après avoir travaillé pour des multinationales, vous êtes aujourd’hui à la tête de votre entreprise. Retracez-nous votre parcours !
J’ai un parcours assez atypique. Je suis titulaire d’un Bac scientifique (D), obtenu au Lycée Mamie Faitai de Bingerville. C’est d’ailleurs dans cet établissement d’excellence que j’ai fait tout mon cycle secondaire. J’ai, ensuite, été orientée à l’Université nationale de Côte d’Ivoire (aujourd’hui université Félix Houphouët Boigny) en Chimie biologie géologie (CBG), d’où je suis sortie avec une maitrise de biochimie. Après plusieurs stages notamment à l’Institut Pasteur en microbiologie des aliments, je suis rentrée aux Grands Moulins d’Abidjan en tant que responsable assurance qualité en 1994. En outre, j’ai été recrutée par Nestlé Côte d’Ivoire en 1997 où je suis restée jusqu’en 2002 avant de rejoindre le groupe SIFCA. En 2004, j’ai dû partir du groupe SIFCA pour créer Advantage, avec dans mon esprit une idée claire de ce que j’avais envie de faire. On ne finit jamais d’apprendre; ainsi depuis 2013, je fais partie de la 3e promotion de l’AMP, Advanced Management Program (un programme de formation pour dirigeants) et donc du cercle restreint des Alumni de MDE Business School d’Abidjan. C’est là l’essentiel de mon parcours. Vous avez une formation en biochimie et vous opérez dans le domaine du marketing, de la communication et de l’édition.
Comment réussit-on à passer de la biochimie aux autres disciplines citées ?
A l’époque où j’ai obtenu mon Bac, nous étions orientés par l’Etat de Côte d’Ivoire, là où il y avait des besoins. Donc vous suiviez la filière que l’Etat avait choisie pour vous. C’est ainsi que j’ai été orientée en CBG. Le virage de la biochimie au marketing et à la communication a été pris chez Nestlé Côte d’Ivoire, où j’ai été recrutée en tant que spécialiste en nutrition au sein de la direction marketing, au service consommateurs. Chez Nestlé, la mobilité d’un employé peut-être transversale. Et lorsqu’une opportunité s’est présentée au sein de la direction des ventes, je l’ai saisie pour être vendeur puis chef des ventes zone. Ensuite, je suis revenue à la direction marketing deux ans plus tard pour être chef de produit. A ce passage d’un service à un autre, il faut ajouter les séminaires de formation. Il faut dire que ces multinationales sont de véritables écoles qui vous inculquent une rigueur et une culture du résultat. Voici comment le virage a été amorcé et, je l’espère, réussi. Je suis dans le marketing, la communication et également dans l’édition, mais je reste une scientifique dans l’âme avec tout le pragmatisme qui va avec. En clair, je pense avoir trouvé ma voie par moi-même. Le fait d’avoir embrassé plusieurs activités professionnelles m’a permis de choisir le secteur d’activités dans lequel je m’épanouirais le mieux. J’estime qu’après des études universitaires, l’on a l’esprit suffisamment ouvert pour regarder dans d’autres directions. Il ne faut surtout pas se fixer des barrières.
Justement en tant qu’entrepreneur, que pensez-vous du niveau de l’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire ?
L’on devrait davantage promouvoir l’entrepreneuriat. Des mesures ont certes été prises, mais il reste encore beaucoup à faire pour accompagner l’entrepreneur qui fait le choix d’investir en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, les offres d’emplois se faisant rares, les jeunes devront oser un peu plus.
Il ne faut surtout pas s’arrêter au manque de moyens. Il est possible de démarrer une activité avec de petits moyens. Il faut éviter de surinvestir au départ. On peut avoir des idées, et ne pas disposer de moyens. Dans ce cas, il faut structurer son projet, bâtir un business plan puis, rechercher des business angels qui eux, ne recherchent que des projets intéressants où investir.
Au regard de votre parcours et de votre expérience, quels conseils pouvez-vous prodiguez aux jeunes ?
Le meilleur conseil que je puisse leur donner, c’est de bien se former, de croire en eux-mêmes et en la Côte d’Ivoire qui offre d’énormes possibilités. Je leur demande d’oser rêver de grandes choses et de se donner les moyens de réaliser leurs rêves, parce que c’est important de rêver. D’une façon générale, ils ne sont pas assez entreprenants. On ne les sent pas bouger. Il est temps de se lever et de foncer.
J. H. DRUIDE